En décembre 2020, le camp de Lipa, jusqu’ici géré par l’OIM, a pris feu laissant des centaines de migrants sans toit ni commodités en plein hiver et avec des températures souvent négatives. En urgence, l’armée bosniaque a installé des tentes pour répondre à l’Union Européenne qui menaçait de mettre en pause le processus d’adhésion de la Bosnie-Herzégovine si rien n’était fait.

Sur la route migratoire des Balkans, une centaine de personnes en exil sont installées dans un immeuble abandonné dans la ville de Bihać. Beaucoup sont Afghans et Pakistanais et expliquent fuir les talibans et Daesh.

Ici, l’hiver ne pardonne pas, et les températures sont souvent négatives. Dans cet immeuble abandonné de trois étages, les exilés occupent par petits groupes des « chambres ». Pour se chauffer ils n’ont uniquement qu’un baril dans lequel ils font fondre, par manque de bois, des cagettes ou des bouteilles en plastique, rendant l’air irrespirable.

Derrière les montagnes enneigés, c’est l’Europe. Beaucoup en rêvent, mais la réalité les rattrape à chaque fois qu’ils tentent le "game", nom donné par les migrants à leurs tentatives de passage de la frontière.

Après cet incendie, beaucoup de migrants ont décidé de quitter le camp et de retourner à Bihać, ville à une vingtaine de kilomètre du camp de Lipa et située à environ trente kilomètres de la frontière. Cette ville est l’une des plus proche de la Croatie.

Alors que l’ancien centre d’accueil de Bira était toujours opérationnel, les migrants n’ont eu d’autres choix que de s’installer dans un immeuble abandonné, suite aux pressions d’habitants qui se sont opposés à la réouverture du centre d’accueil, installé en centre-ville. Ils ont donc décidé de s’installer dans cet immeuble délabré de trois étages, construit au bord de la rivière Unia qui traverse la ville."On vit ici comme des animaux" déplore Nisar, un jeune pakistanais de 26 ans.

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